Le nord de l’Islande a une identité culinaire distincte du reste du pays. Plus éloigné de Reykjavík et de ses influences internationales, le nord conserve des traditions alimentaires directement liées au paysage — pêche dans le Eyjafjörður, élevage ovin dans les vallées intérieures, cuisson géothermique sur le site même de Mývatn.
Les traditions de pêche du Eyjafjörður
Akureyri, la capitale du nord (environ 20 000 habitants), est bâtie au fond du Eyjafjörður, le plus long fjord d’Islande. La pêche a structuré l’économie et la cuisine de la région pendant des siècles.
Morue séchée (harðfiskur) : Séchée à l’air libre dans les rayonnements du vent du nord, la morue séchée est grignotée avec du beurre. C’est un snack protéiné islandais traditionnel, aujourd’hui exporté dans le monde entier. Les meilleures morueset sont séchées d’octobre à mars.
Sild (hareng mariné) : Le hareng a été l’une des plus importantes ressources économiques du nord d’Islande au XXe siècle. Il est toujours présent sur les tables de la région mariné à l’aneth ou aux épices.
Omble chevalier (bleikja) : Poisson dulçaquicole que l’on pêche dans les rivières et lacs du nord, notamment autour de Mývatn. Chair rose, goût délicat. Se prépare simplement — grillé ou poêlé, servi avec du beurre noisette.
L’agneau des hautes terres du nord
Les brebis islandaises passent l’été dans les hautes terres du nord, se nourrissant de bruyère, de thym arctique et d’herbes sauvages à 400–800 m d’altitude. La récolte automnale (réttir) est un événement communautaire annuel où les fermiers rassemblent leurs troupeaux des montagnes.
Kjötsúpa : Soupe d’agneau aux légumes racines. Le plat réconfortant par excellence du nord, servi chaud dans les restaurants familiaux d’Akureyri pour environ ISK 2 500–4 000.
Hangikjöt : Agneau fumé au bouleau ou au fumier de mouton (une tradition très ancienne). Servi froid en tranches fines, généralement avec du pain de seigle et des pommes de terre.
La cuisson géothermique à Mývatn
À Mývatn, la chaleur géothermique atteint la surface du sol à des températures utilisables pour la cuisson. La tradition la plus connue est le hverabrauð (pain géothermique) — une pâte de pain de seigle enterrée dans des pots métalliques à côté des sources chaudes et cuite lentement pendant 24 heures dans la vapeur géothermique. Le résultat est un pain dense, légèrement sucré et humide.
On peut acheter du hverabrauð au centre Mývatn Nature Baths ou dans certaines fermes locales.
Restaurants d’Akureyri
Akureyri dispose d’une scène de restaurants bien au-dessus de sa taille.
Strikið : Restaurant gastronomique en hauteur avec vue panoramique sur le fjord. Spécialités : poissons du nord, gibier en saison, desserts à base de skyr. Plats principaux ISK 4 500–8 500.
Rub23 : Restaurant de sushi et de grillades au bord de l’eau. Populaire auprès des locaux, menu varié. Plats ISK 3 500–7 000.
Bautinn : Restaurant traditionnel islandais dans le centre d’Akureyri, ambiance chaleureuse, menu focalisé sur l’agneau et le poisson. ISK 2 500–5 500.
Akureyri Backpackers food hall : Option budget pour un repas rapide et local en journée.
Le marché local et les producteurs
Le samedi matin (en été), le marché d’Akureyri (Hafnarstræti) rassemble des producteurs locaux : fromages islandais, confitures de baies arctiques (crowberry, crowberry), légumes bio cultivés en serres géothermiques, et pain artisanal. C’est l’endroit le plus direct pour goûter le terroir du nord.